Congé naissance en France : le guide complet

2 juin 2026
Infographie du congé naissance en France 2026 : droits et durées

Le congé naissance évolue en profondeur en 2025 et 2026. Avec l’entrée en vigueur du nouveau congé supplémentaire de naissance et l’actualisation des montants d’indemnités journalières, les jeunes parents doivent s’y retrouver dans ce nouveau paysage. Ce guide exhaustif vous présente les droits actuels, les nouveautés législatives et les démarches à accomplir pour bénéficier d’un congé naissance adapté à votre situation.

 

1. Qu’est-ce que le congé naissance ?

Le terme « congé naissance » recouvre plusieurs dispositifs permettant aux parents de suspendre leur activité professionnelle à l’arrivée d’un enfant. Il comprend notamment : les 3 jours de congé de naissance obligatoire pour le second parent, le congé de maternité pour la mère, le congé de paternité et d’accueil de l’enfant, le futur congé supplémentaire de naissance ainsi que le congé parental d’éducation (PreParE). Depuis le 1er juillet 2026, ces dispositifs sont complétés par un nouveau droit individuel.

2. Le nouveau congé supplémentaire de naissance (à partir du 1er juillet 2026)

Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, ce nouveau congé naissance offre à chaque parent la possibilité de bénéficier d’un à deux mois de congé indemnisé supplémentaires, en plus des droits existants[reference:0]. Il entre en vigueur le 1er juillet 2026[reference:1].

2.1 Qui est concerné ?

Ce droit individuel et non transférable s’adresse à tous les parents actifs, qu’ils soient salariés du privé, agents publics ou travailleurs indépendants[reference:2]. Sont éligibles les parents d’enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026. Pour les naissances survenues entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le délai de prise court à compter du 1er juillet 2026, jusqu’au 31 mars 2027[reference:3].

2.2 Durée et organisation

Chaque parent peut choisir de prendre un ou deux mois. Le congé naissance peut être fractionné en deux périodes d’un mois, pris simultanément ou en alternance avec l’autre parent, avec un début obligatoire dans les neuf mois suivant la naissance[reference:4].

2.3 Indemnisation

L’indemnisation est calculée sur la base des revenus antérieurs et devrait être fixée à :

  • 1er mois : 70 % du salaire net
  • 2e mois : 60 % du salaire net[reference:5]

Ce niveau plus élevé que le congé parental actuel vise à mieux concilier vie professionnelle et familiale tout en favorisant l’égalité parentale[reference:6].

2.4 Non‑cumul et articulation avec d’autres prestations

Les indemnités du congé naissance ne peuvent pas être cumulées avec : le complément de libre choix du mode de garde (CMG), l’allocation journalière de présence parentale (AJPP), l’allocation journalière du proche aidant (AJPA), les indemnités journalières de maladie, de maternité, de paternité ou d’adoption, ni avec l’allocation chômage[reference:7]. En revanche, ce nouveau droit s’ajoute au congé parental d’éducation, qui reste accessible, notamment avec la PreParE versée par la CAF[reference:8].

3. Les autres congés liés à l’arrivée d’un enfant

3.1 Le congé de maternité

La mère bénéficie d’un congé dont la durée varie selon le nombre d’enfants et la situation familiale[reference:9]. Durées pour une naissance unique : 16 semaines (6 avant l’accouchement, 10 après). En cas de naissances multiples : 34 semaines pour des jumeaux (12 avant, 22 après), 46 semaines pour trois enfants ou plus (24 avant, 22 après)[reference:10].

Indemnisation : Les indemnités journalières sont versées par la Sécurité sociale. Au 1er janvier 2026, le montant maximal est de 104,02 € par jour avant déduction des 21 % de CSG/CRDS[reference:11].

3.2 Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant

Ce droit concerne le second parent (père, conjoint, concubin ou pacsé). Depuis le 1er juillet 2021, sa durée est portée à : 25 jours calendaires pour une naissance unique (32 jours en cas de naissances multiples)[reference:12]. La prise du congé suit des règles précises : les 4 premiers jours doivent être pris immédiatement après les 3 jours de congé de naissance obligatoire. Les 21 jours (ou 28 jours) restants peuvent être fractionnés en deux périodes d’au moins 5 jours, dans les 6 mois suivant la naissance[reference:13].

Indemnisation : L’indemnité journalière versée par la CPAM est plafonnée à 104,02 € par jour au 1er janvier 2026, avant déduction des 21 % de CSG/CRDS.

3.3 Le congé de naissance de 3 jours

Un congé de 3 jours ouvrables est accordé au salarié pour chaque naissance survenue à son foyer[reference:14]. Dans la fonction publique, l’agent public en bénéficie également, avec la possibilité de le fractionner[reference:15].

4. Cas particuliers

4.1 Travailleurs non‑salariés (TNS) et auto‑entrepreneurs

Les congés naissance s’appliquent aussi aux indépendants mais avec des modalités spécifiques. Pour la maternité, l’allocation forfaitaire de repos maternel est fixée à environ 3 925 € en 2025 (16 semaines pour une naissance unique)[reference:16]. Pour le congé paternité, l’indemnité journalière atteint 64,52 € par jour pour les revenus dépassant un certain seuil, mais chute à 6,45 € en dessous de 4 383,20 € de revenu annuel moyen[reference:17]. Le nouveau congé supplémentaire de naissance leur est également ouvert[reference:18].

4.2 Fonction publique

Les règles sont très proches de celles du privé. Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est fixé à 25 jours calendaires (dont 4 jours consécutifs obligatoires immédiatement après la naissance). Le congé naissance supplémentaire est intégré aux congés familiaux statutaires[reference:19][reference:20].

4.3 Naissances prématurées ou adoption

En cas d’hospitalisation immédiate du nouveau‑né, le congé de paternité peut être prolongé. Pour l’adoption, des droits spécifiques au congé d’adoption existent, et le nouveau congé supplémentaire est également accessible aux parents adoptants[reference:21].

5. Démarches pratiques

5.1 Déclaration de grossesse

La future mère doit déclarer sa grossesse à la CPAM et à la CAF dans les 14 premières semaines, à l’aide du certificat médical remis par le médecin ou la sage‑femme[reference:22].

5.2 Information de l’employeur

Pour le congé de maternité ou de paternité, le salarié doit informer l’employeur par lettre recommandée avec accusé de réception (ou remise en main propre), en précisant les dates prévisibles de début et de fin. Une attestation médicale doit accompagner la demande[reference:23].

5.3 Demandes d’indemnités

Les indemnités journalières sont versées automatiquement par la CPAM après déclaration de grossesse et envoi des justificatifs. Pour le nouveau congé supplémentaire de naissance, les modalités précises de demande seront précisées par décret à partir du 1er juillet 2026.

6. Tableau récapitulatif (durées principales)

Type de congé Durée Observations
Congé de naissance 3 jours ouvrables Pour le second parent, obligatoire
Congé de maternité (1er ou 2e enfant) 16 semaines (6 prénatales + 10 postnatales) 26 semaines à partir du 3e enfant
Congé de maternité (jumeaux) 34 semaines (12 + 22) 46 semaines pour triplés ou plus
Congé de paternité 25 jours calendaires (32 en cas de naissances multiples) dont 4 jours obligatoires consécutifs après la naissance
Congé supplémentaire de naissance (2026) 1 ou 2 mois par parent indemnisation : 70 % puis 60 % du salaire net
Congé parental d’éducation (PreParE) 1 an maximum (renouvelable) Allocation forfaitaire de la CAF, cumul possible avec temps partiel

7. FAQ – Questions fréquentes sur le congé naissance

Le nouveau congé supplémentaire de naissance est-il obligatoire ?

Non, il est facultatif et chaque parent décide librement d’y recourir, contrairement au congé de paternité qui comporte une période obligatoire[reference:24].

Puis‑je cumuler ce congé avec un temps partiel ?

Le dispositif prévoit une interruption totale d’activité. Pour un aménagement à temps partiel, il faut se tourner vers le congé parental d’éducation.

Quels sont les montants plafonds 2026 pour les indemnités journalières ?

Le plafond est fixé à 104,02 € par jour pour la maternité comme pour la paternité (avant CSG/CRDS)[reference:25].

Que faire si je suis travailleur non‑salarié ?

Les TNS relèvent de la Sécurité sociale des indépendants. Les démarches se font auprès de la CPAM ou de la MSA. Les montants sont différents (allocation forfaitaire pour la maternité). Le nouveau droit de congé naissance leur est également accessible.

8. Perspectives 2026 et au‑delà

L’année 2026 marque un tournant majeur avec la généralisation du congé naissance supplémentaire pour tous les parents, quelle que soit leur situation professionnelle. Les décrets d’application attendus dans les premiers mois de l’année préciseront les justificatifs nécessaires et le calendrier exact de versement des indemnités. À plus long terme, l’objectif affiché par le gouvernement est de faire converger les durées de congé entre les deux parents pour atteindre une plus grande égalité, en ligne avec les recommandations européennes.

Ce qu’il faut retenir pour bien préparer l’arrivée de votre enfant

En 2025‑2026, le congé naissance en France se diversifie et s’améliore. Entre le nouveau congé supplémentaire à 70 % du salaire, le renforcement des droits des pères et l’actualisation des montants d’indemnités, les jeunes parents disposent désormais de leviers puissants pour concilier vie familiale et professionnelle. N’hésitez pas à consulter Service-public.fr ou votre CPAM pour adapter ces dispositions à votre situation personnelle.

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